I.
Notions générales
II.
Incinérateurs et cancers / Malformations
III.
Solutions alternatives
IV. Une
expérience de démocratie participative à Saint-Brieuc
Quelques réactions du public
I.
Notions générales
* La France est dans les 5 premiers pays qui incinèrent le plus au monde.
* Il existe 230 associations en France contre lincinération.
* Nous produisons 33 millions de tonnes de déchets par an en France.
En chimie, il est connu que « rien de se crée, rien ne se perd, tout se
transforme ».
Aucune raison donc pour que les incinérateurs échappent à ce principe simple. Et en
effet, les incinérateurs produisent à partir des déchets ménagers des Réfioms qui
sont des déchets très toxiques (stockés en décharges de classe I) et des
mâchefers (stockés en décharges de classe II ou parfois répandus sur les routes). Les
mâchefers ont une forte concentration en dioxines.
Rappel :
La réglementation du 9 mai 1994 précise que les mâchefers ne doivent jamais être
déversés à 30 m de tout cours deau et au-dessus des nappes deau.
Selon toujours les principes de base de la chimie, les métaux lourds entrant dans
lincinérateur sont indestructibles. Par conséquent, en dehors des dioxines, les
incinérateurs rejettent également des métaux lourds. En fait, ils rejettent des
centaines de polluants dont seuls 20 sont normés par le législateur européen.
Un autre principe chimique simple est que ce nest pas le poids des résidus toxiques
mais bien leur toxicité elle-même qui est en cause. Autrement dit, laltération de
la santé ou la mort peuvent être causés par la mise en contact avec une très faible
quantité de produit toxique.
Les incinérateurs fabriquent à partir de déchets non toxiques des masses de rejets
extrêmement toxiques, soit sous forme solide , soit diluées dans les fumées. On
démontre que les constituants solides des fumées vont se poser toujours dans les mêmes
endroits Ils sont « bioaccumulables » produisant de
véritables décharges à ciel ouvert mais non classées comme telles. Les dégâts pour
les générations futures sont irréversibles mais ne sont pas pris en compte par les
pouvoirs publics.
Lexemple du mercure :
Cet élément nest quun parmi tous ceux rejetés mais il est particulièrement
significatif puisque sa dangerosité est notoirement connue. La norme européenne de rejet
du mercure est à présent de 0,05 millième de g/m3.
Or une tonne de déchets produit 6000 M3 de gaz. Au final, on obtient pour un
incinérateur de 200 000 tonnes ( lorsque les 110 000 tonnes prévues auront été
étendues) sur 20 ans une tonne de mercure non dégradable dans le voisinage de
lincinérateur, et ce nest que lun des éléments rejetés parmi plus
dune centaine.
Les élus doivent appliquer le principe de précaution sans quoi des scandales comparables
à ceux de « la vache folle » ou de lamiante risquent déclater
dans les années à venir. A Albertville, pour la première fois un élu ( président du syndicat de commune ) a dû passer 2 nuits en prison et rendre des comptes.
II. Incinérateurs
et cancers / Malformations
LOMS a classé les dioxines issues de lincinération des déchets comme
sources cancérogènes avérées. Dautres éléments sont également cancérigènes
tels les furannes et16 autres éléments très probablement.
Plusieurs études, dont une publiée en 1998, attribuent aux dioxines la responsabilité
de la mort de 1800 à 5000 personnes par an en France. Une autre étude menée sur 10 ans
en Rhône-Alpes dans les années 1990 trouve un nombre plus important denfants mal
formés autour des incinérateurs ( altération chromosomique ). Létude a conclu à
une forte corrélation entre présence dun incinérateur et malformations
denfants et ceci avec un risque significatif.
III. Solutions
alternatives
La prévention avant tout . Ne plus laisser les industriels fabriquer des emballages
inutiles et générant de fortes pollutions ( emballage en aluminium
).
Lutter contre lidéologie du jetable.
Exemples :
* en Irlande, la taxation des sacs plastiques
* Aux USA, une nouvelle loi a été votée avec pour objectif de réduire de moitié les
déchets toxiques sur 10 ans.
Objectif du CNIID : sur 10 ans réduire de moitié les déchets
ménagers.
En attendant de meilleures solutions :
TRI + Méthanisation + Compostage
Ceci permet de réduire aux ¾ nos déchets, les déchets ultimes non toxiques pouvant
être stockés en décharge ( le stockage est fait en « casiers» ). Cette méthode
a lavantage de prévoir un plan à long terme de réduction des déchets ( par
exemple : 5% la première année, 10% la seconde
) et de pouvoir commencer dès
à présent.
Un incinérateur fonctionne pour un seuil donné de déchets. Il noffre aucune
souplesse et ne permet pas de planifier des réductions de tonnage.
IV. Une
expérience de démocratie participative à Saint-Brieuc
Intervention de Vincent Langlois du bureau détude « Médiation et
environnement ».
La ville de Saint-Brieuc a connu un problème comparable à celui qui nous préoccupe
aujourdhui. Elle a décidé de le traiter au travers dune participation
citoyenne au comité de pilotage pour la problématique du traitement des déchets. Quinze
personnes ont été tirées au sort sur 250 volontaires. Ces personnes ont suivi une
formation durant 2 week-ends complets. Elles ont ensuite co-animé des réunions publiques en tant que bénévoles et communiqué par écrit leurs recommandations.
Il en est ressorti une mutualisation des outils de traitement des déchets au niveau départemental et le choix du
recyclage.
Le comité de pilotage, après étude, a conclu quil ny avait pas
besoin dincinérateur supplémentaire en toute transparence dans la prise
de décision. La réaction des élus a été très positive. La phase détude a
duré 10 mois pour un coût total de 58 000 euros (380 000 francs) ce qui est négligeable
en comparaison des 86 millions deuros prévus par lagglomération
dAngers pour un incinérateur de 110
000 tonnes.
Quelques réactions du public
Le président du comité de pilotage sur le traitement des déchets de
lagglomération :
Daprès lui la corrélation incinérateur/cancer nest pas démontrable (cf le
cas de Seveso).
La réduction des déchets doit se faire par étape (7000 tonnes déjà gagnées) mais
lincinération est incontournable.
Le taux de benzène présent dans certaines rues dAngers( voitures ) est beaucoup
plus préoccupant.
La solution du stockage nest pas bonne à cause de lintensification du
transport en camions.
LA DRIRE contrôle très sévérement les rejets des incinérateurs
Mr Bodart met laccent sur la responsabilité de chacun.
Il soutient lappel de Paris.
Réponse de Mr Neuhror :
Beaucoup détudes ont montré la forte corrélation entre incinérateurs et cancers.
Cette corrélation est difficile à démontrer avec 100% de certitude mais de fortes
présomptions existent. A Seveso, des études ont démontré un taux accru de cancers du
vagin chez les femmes et une présence
significative de cancers à proximité.
Lincinération n'est pas une solution, cest le « mythe de la
purification par le feu » mais chimiquement cest faux. Les rejets
saccumulent dans lair, leau, le sol.
Largument dune circulation accrue en camions dans le cas de
lenfouissement ne tient pas lorsque lon sait que souvent les incinérateurs
drainent les déchets de tout le département parce
quils sont prévus pour des flux constants de combustibles.
De plus les mâchefers et les réfioms sont stockés à leur tour et augmentent la
circulation en camions.
LA DRIRE ne contrôle que 20 polluants et il faut bien comprendre que :
0,1 nanogramme/m3 de dioxines cela signifie 10 nanogrammes
de dioxines dans 1 kg de mâchefers.
Il ne faut pas uniquement considérer ce qui est rejeté par les cheminée mais lensemble
des rejets.
Un membre du public cite lémission « compléments denquête » du
14/06/2004 quil raconte. Cet émission a déjà fait lobjet dun résumé
sur ce site ici :
Emissions télévisées, radio
Elle a apparemment bien marqué les esprits.
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