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 Conférence du 18 octobre 2004

       
I.       Notions générales
II.      Incinérateurs et cancers  / Malformations
III.     Solutions alternatives
IV.   Une expérience de démocratie participative à Saint-Brieuc
Quelques réactions du public


I.       Notions générales

* La France est dans les 5 premiers pays qui incinèrent le plus au monde.
* Il existe 230 associations en France contre l’incinération.
* Nous produisons 33 millions de tonnes de déchets par an en France.


En chimie, il est connu que « rien de se crée, rien ne se perd, tout se transforme ».
Aucune raison donc pour que les incinérateurs échappent à ce principe simple. Et en effet, les incinérateurs produisent à partir des déchets ménagers des Réfioms qui sont des déchets très toxiques (stockés en décharges de classe I) et des mâchefers (stockés en décharges de classe II ou parfois répandus sur les routes). Les mâchefers ont une forte concentration en dioxines.
Rappel :
La réglementation du 9 mai 1994 précise que les mâchefers ne doivent jamais être déversés à 30 m de tout cours d’eau et au-dessus des nappes d’eau.

Selon toujours les principes de base de la chimie, les métaux lourds entrant dans l’incinérateur sont indestructibles. Par conséquent, en dehors des dioxines, les incinérateurs rejettent également des métaux lourds. En fait, ils rejettent des centaines de polluants dont seuls 20 sont normés par le législateur européen.
Un autre principe chimique simple est que ce n’est pas le poids des résidus toxiques mais bien leur toxicité elle-même qui est en cause. Autrement dit, l’altération de la santé ou la mort peuvent être causés par la mise en contact avec une très faible quantité de produit toxique.
Les incinérateurs fabriquent à partir de déchets non toxiques des masses de rejets extrêmement toxiques, soit sous forme solide , soit diluées dans les fumées. On démontre que les constituants solides des fumées vont se poser toujours dans les mêmes endroits – Ils sont « bioaccumulables »– produisant de véritables décharges à ciel ouvert mais non classées comme telles. Les dégâts pour les générations futures sont irréversibles mais ne sont pas pris en compte par les pouvoirs publics.

L’exemple du mercure :

Cet élément n’est qu’un parmi tous ceux rejetés mais il est particulièrement significatif puisque sa dangerosité est notoirement connue. La norme européenne de rejet du mercure est à présent de 0,05 millième de g/m3.
Or une tonne de déchets produit 6000 M3 de gaz. Au final, on obtient pour un incinérateur de 200 000 tonnes ( lorsque les 110 000 tonnes prévues auront été étendues) sur 20 ans une tonne de mercure non dégradable dans le voisinage de l’incinérateur, et ce n’est que l’un des éléments rejetés parmi plus d’une centaine.
Les élus doivent appliquer le principe de précaution sans quoi des scandales comparables à ceux de « la vache folle » ou de l’amiante risquent d’éclater dans les années à venir. A Albertville, pour la première fois un élu ( président  du syndicat de commune ) a dû  passer 2 nuits en prison et rendre des comptes.

    II.     Incinérateurs et cancers  / Malformations

L’OMS a classé les dioxines issues de l’incinération des déchets comme sources cancérogènes avérées. D’autres éléments sont également cancérigènes tels les furannes et16 autres éléments très probablement.
Plusieurs études, dont une publiée en 1998, attribuent aux dioxines la responsabilité de la mort de 1800 à 5000 personnes par an en France. Une autre étude menée sur 10 ans en Rhône-Alpes dans les années 1990 trouve un nombre plus important d’enfants mal formés autour des incinérateurs ( altération chromosomique ). L’étude a conclu à une forte corrélation entre présence d’un incinérateur et malformations d’enfants et ceci avec un risque significatif.

  III.      Solutions alternatives

La prévention avant tout . Ne plus laisser les industriels fabriquer des emballages inutiles et générant de fortes pollutions ( emballage en aluminium …).
Lutter contre l’idéologie du jetable.
Exemples :
* en Irlande, la taxation des sacs plastiques
* Aux USA, une nouvelle loi a été votée avec pour objectif de réduire de moitié les déchets toxiques sur 10 ans.

Objectif du CNIID : sur 10 ans réduire de moitié les déchets ménagers.

En attendant  de meilleures solutions :
TRI + Méthanisation + Compostage
Ceci permet de réduire aux ¾ nos déchets, les déchets ultimes non toxiques pouvant être stockés en décharge ( le stockage est fait en « casiers» ). Cette méthode a l’avantage de prévoir un plan à long terme de réduction des déchets ( par exemple : 5% la première année, 10% la seconde …) et de pouvoir commencer dès à présent.
Un incinérateur fonctionne pour un seuil donné de déchets. Il n’offre aucune souplesse et ne permet pas de planifier des réductions de tonnage.

  IV.      Une expérience de démocratie participative à Saint-Brieuc
Intervention de Vincent Langlois du bureau d’étude « Médiation et environnement ».

La ville de Saint-Brieuc a connu un problème comparable à celui qui nous préoccupe aujourd’hui. Elle a décidé de le traiter au travers d’une participation citoyenne au comité de pilotage pour la problématique du traitement des déchets. Quinze personnes ont été tirées au sort sur 250 volontaires. Ces personnes ont suivi une formation durant 2 week-ends complets. Elles ont ensuite co-animé des réunions publiques  en tant que bénévoles  et communiqué par écrit leurs recommandations. Il en est ressorti une mutualisation des outils de traitement des déchets  au niveau départemental et le choix du recyclage.
Le comité de pilotage, après étude, a conclu qu’il n’y avait pas besoin d’incinérateur supplémentaire en toute transparence dans la prise de décision. La réaction des élus a été très positive. La phase d’étude a duré 10 mois pour un coût total de 58 000 euros (380 000 francs) ce qui est négligeable en comparaison des 86 millions d’euros prévus par l’agglomération d’Angers pour un  incinérateur de 110 000 tonnes.

           Quelques réactions du public

Le président du comité de pilotage sur le traitement des déchets de l’agglomération :
D’après lui la corrélation incinérateur/cancer n’est pas démontrable (cf le cas de Seveso).
La réduction des déchets doit se faire par étape (7000 tonnes déjà gagnées) mais l’incinération est incontournable.
Le taux de benzène présent dans certaines rues d’Angers( voitures ) est beaucoup plus préoccupant.
La solution du stockage n’est pas bonne à cause de l’intensification du transport en camions.
LA DRIRE contrôle très sévérement les rejets des incinérateurs…
Mr Bodart met l’accent sur la responsabilité de chacun.
Il soutient l’appel de Paris.
 
Réponse de Mr Neuhror :

Beaucoup d’études ont montré la forte corrélation entre incinérateurs et cancers. Cette corrélation est difficile à démontrer avec 100% de certitude mais de fortes présomptions existent. A Seveso, des études ont démontré un taux accru de cancers du vagin chez les femmes et  une présence significative de cancers à proximité.
L’incinération n'est pas une solution, c’est le « mythe de la purification par le feu » mais chimiquement c’est faux. Les rejets s’accumulent dans l’air, l’eau, le sol.
L’argument d’une circulation accrue en camions dans le cas de l’enfouissement ne tient pas lorsque l’on sait que souvent les incinérateurs drainent les déchets de tout le département  parce qu’ils sont prévus pour des flux constants de combustibles.
De plus les mâchefers et les réfioms sont stockés à leur tour et augmentent la circulation en camions.
LA DRIRE ne contrôle que 20 polluants et il faut bien comprendre que :
0,1 nanogramme/m3 de dioxines cela signifie 10 nanogrammes   de dioxines dans 1 kg de mâchefers.
Il ne faut pas uniquement considérer ce qui est rejeté par les cheminée mais l’ensemble des rejets.

Un membre du public cite l’émission « compléments d’enquête » du 14/06/2004 qu’il raconte. Cet émission a déjà fait l’objet d’un résumé sur ce site ici :
Emissions télévisées, radio
Elle a apparemment bien marqué les esprits.


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