Lettre de Mr Dany Dietmann
Maire de Manspach
Chevalier de la légion d'honneur
sur les rejets de dioxines des incinérateurs d'ordures ménagères
Chers amis,
En me calant sur l'histogramme des faits et sur les
chiffres des rejets de dioxines de l'usine d'incinération de Mulhouse, j'ai élaboré un
schéma permettant à chacun, même non initié, de constater l'étendue de la catastrophe
en s'aidant des éléments suivants :
Pour les dioxines 2,3,7,8, TCDD rejetées par
les incinérateurs, il n'existe pas de dose seuil dans le processus de cancérisation chez
l'homme. Pour générer un cancer ou une malformation congénitale, une seule molécule
est nécessaire selon le professeur en cancérologie Dominique BELPOMME, par ailleurs en
charge du plan cancer voulu par le Président de la République. A l'origine de la plupart
des cancers, ce n'est pas la quantité totale de doses reçues qui importe, mais sa
répétition. Ce sont les doses infimes, ingérées jour après jour par l'homme qui
finissent par le tuer. Mêmes conclusions de la part du Professeur Henri Joyeux,
cancérologue au CHU de MONTPELLIER, ou du Docteur Eric Pluygers, chef de service
d'Oncologie à Bruxelles.
Pour ce qui concerne les mesures de dioxines, le
lobby de l'incinération s'ingénie à compléxifier l'évaluation des chiffres. Les
mesures des rejets de dioxines au niveau des cheminées se font en ng / m3 (un
millionième
de gramme) alors que les mesures de contamination des organismes vivants se font par
contre en picogrammes (un millionième de millionième de gramme). En France, la norme à
ne pas dépasser est de un picogramme (pg) par kg de poids corporel par jour. Si je pèse
85 kg, je ne dois pas absorber plus de 85 pg/jour.
La combustion d'une tonne de déchets dans un incinérateur aux normes officielles de 0.1
ng/m3 rejette dans l'environnement 550 000 pg de dioxine. Comme les fours
brûlent 6 tonnes de déchets à l'heure, soit 144 tonnes/jour, un four d'incinérateur
aux normes rejette quotidiennement 79 200 000 picogrammes/jour, auxquels il convient
d'ajouter les rejets des autres fours en fonctionnement.
Les contrôles officiels de rejets de dioxines sont
régis par un arrêté ministériel qui n'impose qu'un seul contrôle non inopiné de
rejets de dioxines par an. Le laboratoire d'analyse est choisi par l'exploitant. La date
du contrôle est choisie par la DRIRE mais cette dernière a l'obligation d'informer
l'exploitant 48 heures à l'avance. Cela laisse sans doute largement le temps d'optimiser
des mélanges dont la combustion génère peu de dioxines. Si les alcotests étaient faits
dans les mêmes conditions, il y aurait peu d'infractions constatées(...)
Pour les 364 jours qui restent les rejets de dioxines ne sont plus un problème (pour les
autorités)!!!Les dioxines peuvent en outre s'accumuler dans les conduits et alors là, la
problématique se complique singulièrement comme le prouve le cas concret de MULHOUSE.
Sachez bien que le constat de contamination de Gilly-sur-Isère ne fut pas le fait des
contrôles officiels, mais d'un contrôle inopiné d'un laboratoire indépendant mandaté
par la municipalité à la demande des multiples victimes de pathologies cancéreuses du
village, ce alors que les contrôles officiels déclaraient sans complexe que tout allait
bien.
Les incinérateurs français aux normes (?) rejettent 400 grammes de dioxines par an soit
2000 pg par habitant et par jour. Dans le même temps, la totalité de la circulation
routière française rejette 5 grammes de dioxines par an. Ces chiffres émanent du site
internet du Ministère de l'écologie.
En fait, l'incinération est ingérable en terme sanitaire. Non franchement, je ne
souhaite la présence de ce genre de barbecue à personne.